Bonjour à tous,

Nous sommes partis de Copiapo et par l’immense gentillesse de Marie-Paule et de Jacques, avons pu rallier San Pedro de Atacama à bord de leur land rover :


Toutefois, avant de quitter de Copiapo, nous partons avec Omar, observer une mine de cuivre située dans les environs.


Nous nous faisons discrets, les touristes et leur appareils photos ne sont pas toujours les bienvenus ici.


En rentrant, nous nous arrêtons devant un monument édifié en l'honneur de résistants fusillés lors de la dictature de Pinochet. Omar, les connaissait presque tous.


Le lendemain, le gong du départ retentit. Nous saluons chaleureusement toute l'equipe d Inti Llapu et prenons la route en direction du Nord et du désert le plus aride du monde.


Apres quelques heures de routes, nous nous arrêtons pour nous dégourdir les pattes et apercevons quelques lions de mer échoués sur la côte.


Nous reprenons ensuite la route et quelques kilometres plus loin, un type s'est ensablé avec son Pickup.


Nous lui proposons notre aide. Celui-ci l'accepte volontiers. Tiré d'affaire, l'homme nous remercie copieusement avant de finalement disparaitre dans un nuage de poussière.


Nous reprenons à nouveau la route et lorsque la nuit commence à tomber, nous décidons de chercher un endroit où dormir.


Nous nous écartons de la route en empruntant une piste visiblement déserte, parcourons quelques kilomètres et découvrons une ville minière abandonnée depuis plusieurs décennies. Nous y passerons la nuit.


La nuit y est d'un calme absolu. Le ciel, quant à lui, est d'une beauté dont il est rarement donné d'observer.


Avant de repartir au petit matin, nous rendons visite au cimetiere de la ville. Nous nous efforcons de ne pas faire de bruit. Une tombe indique : "Silencio ! Solo está durmiendo"


En reprenant la route au petit matin, nous roulons quelques minutes et apercevons tout à coup un camion renversé.


Un type s'est construit un abri à l'aide de quelques cagettes en attendant les secours. Nous nous arrêtons afin de lui proposer un peu d'eau et quelques vivres qu'il accepte allègrement. Celui-ci nous explique que l'acident s'est produit il y a seulement quelques heures. Le conducteur aurait été emmené à l'hôpital en urgences.


Au moment où nous nous aprêtons à repartir, le type sort un filet d'avocats de la cargaison et nous l'offre en signe de gratitude. Nous le remercions chaleureusement.


Quelques kilomètres d'asphalte se déroulent sous les roues affutées de notre magicolang, le berliland, et nous franchissons le tropique du capricorne.


Un peu plus loin, s'élève une drôle de structure à l'horizon, nous empruntons un bout de piste pour nous y rendre : une main s'élève dans le désert. Nous nous y arrêtons pour déjeuner.

Nous roulerons ensuite une bonne partie de l'après midi au son de l'impact du vent sur la carlingue et parfois de quelques airs de ukulele. En soirée, nous arriverons à Antofagasta où après une recherche infructueuse de camping, nous déciderons finalement de dormir sur la plage à côté de quelques pêcheurs qui y ont établi résidence.


Lorsque nous repartons le lendemain matin, nous décidons, avant de quitter la ville, de faire un arrêt à la Portada, cette drôle de structure rocheuse.


Nous nous engouffrons sur le camino, et sommes tout à coup interceptés non sans surprise par quelques véhicules du dakar !


Ah ! L'affront est trop grand ! Nous décidons de nous mêler à la course : pas besoin de tant de raffut pour se déplacer en Amérique latine bon dieu !


Mais tout à coup, un équipage semi franÇais prend les devants...


Nous nous avouons finalement vaincus.


Après toutes ses émotions, et surtout en conséquence du traffic engendré dans les environs par le dakar, nous passerons finalement une nuit supplémentaire à Antofagasta.


Nous roulerons toute la matinée du lendemain. Au moment de déjeuner, nous arrivons à Baquedano. Une benne de camion des mines est entreposée au bord de la route : Ah ! he bien voilà une source d'ombre inespérée pour déjeuner !


Dans l'après midi, nous faisons une halte pour visiter une ancienne ville minière, là aussi désertée mais en partie réhabilitée afin de l'ouvrir au public et d'y fournir quelques explications sur la vie de l'époque.


Nous sommes seuls. Le silence qui règne confère une dimension angoissante aux édifices et aux rues qui nous entourent.


Enfin, nous arrivons dans le désert d'Atacama et ses vallées lunaires comme ici avec la Vallée de la Lune (bien que nous n'ayons pas été sur la lune pour comparer...)


L'indice UV est ici maximum. Un indicateur a été mis en place dans le centre de San Pedro de Atacama pour avertir la populace. En milieu de journée, lorsque le témoin bleu s'allume, 10 minutes suffisent pour se transformer en écrevisse !



Décidément, le voyage à bord du land offre clairement des dimensions supplémentaires au voyage. Pour certaines d’entre elles, nous avions déjà pu y goûter en Patagonie lorsque nous avions loué un véhicule pour remonter la ruta 40 et la carretera australe.

Il y a tout d’abord cette liberté augmentée, consistant à pouvoir s’arrêter à tout instant : nous devenons libres de franchir les barrières du parc d’attractions et la superficialité de certaines attractions à touristes. Nous pouvons mettre le clignotant à droite à tout instant, nous arrêter, bondir du véhicule et courir dans tous les sens. A loisir, nous pouvons déambuler dans des coins abandonnés de toute civilisation ou bien nous arrêter dans de petits villages à la rencontre des "vrais" gens. Et puis, le land passe partout ou presque. A celà, il faut ajouter qu'il fut si ingénieusement aménagé par ses propriétaires qu’il sait attirer l'oeil tout en se montrant humble là où d’autres ne font qu’étal de surconsommation. Par conséquent, il est fort rare qu’une journée ne s’écoule sans que nous nous fassions héler, intercepter, saluer ou embarquer dans toutes sortes de conversations. Tels des dizaines de petits miroirs, les autocollants recouvrant la carlingue, traces de plus de 2 ans et demi de vadrouilles en Amérique latine, semblent conférer au Berliland la puissance lumineuse d'un phare en pleine mer aux yeux des locaux.

Cette semaine passée en compagnie de Jacques et de Marie-Paule aura été pour nous d’une richesse et d’un bonheur inouï. Malheureusement, arrivés à San Pedro de Atacama, le moment de la séparation se présente : Jacques et Marie-Paule partent en direction de Salta en Argentine par le paso du sico, l’un des 3 seulement qu’ils n’ont pas encore franchis ! La route s'annonce pleine de promesses mais sacrément difficile.

De notre côté, nous souhaitons également rejoindre Salta mais, sous les vifs conseils de Jacques, en empruntant le sud lipez et faisant ainsi un petit détour par la Bolivie et ses altiplanos. A ce sujet, jamais nous ne pourrons suffisamment le remercier pour son avis plus qu’appuyé qui nous amena à reconsidérer notre itinéraire et emprunter ce passage aux milles merveilles :


Nous quittons San Pedro de Atacama accompagnés de 12 coéquipiers. Nous nous divisons en deux groupes et montons à bord de 2 Toyota 4*4. 3 jours serons nécessaires pour rallier Uyuni, en Bolivie.

Rapidement, la route s'élève et en près de 2h30, nous atteignons des altitudes vertigineuses. Au bout d'1h déjà, mon altimètre avait cessé de fonctionner : nous avions franchi la barre des 4000m. Les organismes souffrent mais rarement il nous a été donné d'observer des paysages d'une telle finesse et d'une telle beauté.


Ici, la laguna verde, sous l'effet d'une légère brise et par le mouvement de ses sédiments se teinte d'un vert exquis.


Nous franchissons le désert de Salvador Dali et arrivons à ces thermes où nous nous autorisons quelques minutes de repos pour reprendre notre souffle. Nous sommes à près de 5000m d'altitude.


Nous reprenons la route et découvrons des geysers. Les entrailles de la terre bouillonnent et une forte odeur de soufre se dégage.


Et puis nous arrivons à la laguna Colorada où nous passons la nuit (4500m d'altitude environ). Comme un formidable pot de peinture dans lequel quelques marmots auraient mélangé chaotiquement toutes sortes de couleurs plus ou moins primaires, nous restons scotchés. A notre plus grand désarroi, les photos semblent ne pas vouloir exposer toute la finesse de cette merveille.


Le lendemain, au matin, nous traversons un bosquet d'arbres pétrifiés.


Puis franchissons à nouveau quelques lagunes où vivent paisblement quelques flamants roses.


Joaquim, défié au ricochet


En atteignant un hotel de sel, où nous passeront la nuit avant de franchir le salar d'Uyuni, nous apercevons quelques fumées qui s'élèvent de quelques volcans dans le lointain.


Enfin, nous arrivons sur le Salar d'Uyuni, incroyable désert de sel, autrefois océan qui se serait ensuite asséché.


Le relief y est absent. Nous nous prenons au jeu des photos du Salar...


Et terminons avec une photo de groupe afin de nous souvenir de toute l'équipe, avec qui des liens se sont si vite tissés


L'île du pêcheur, en plein milieu du salar et recouverte de cactus.


Pour terminer, nous visitons un cimetière de train. La tentation est trop forte, nous nous imaginons au Far West ou bien nous prenons pour Indiana Jones.

Arrivés à Uyuni, le groupe eclate et chacun part de son côté, vaquer à ses occupations. Nous nous retrouvons néanmoins un peu plus part tard autour d'une table de bistrot afin de partager un dernier verre de l'amitié. Puis à nouveau nous nous séparons. Toutefois, nous retrouvons Charlotte et Aurore à notre hostel, 2 petites franÇaises en études au chili s'octroyant quelques semaines de vadrouilles pendant les vacances scolaires hé hé. En attendant nos bus respectifs, nous passons la journée du lendemain à déambuler dans Uyuni. Ce fut une journée bien agréable, mais le temps passe et déjà, il nous faut nous séparer. Charlotte et Aurore partent en direction de Potosi : que le vent vous porte avec légerté chicas ! :)

Quelques heures plus tard, nous quittons finalement à notre tour Uyuni, en direction de Salta. 10 h de bus en Bolivie sans WC et 1km de marche en compagnie de 2 argentins bien avisés nous permettent de franchir aisément la frontière argentine. Finalement, 7h de bus argentin et 10 min de taxi nous déposeront à l’entrée du camping municipal de Salta où après quelques pas, nous nous retrouvons nez à nez avec Marie-Paule ! Nos aventures Berlilandesques n’étaient donc pas terminées ! Ah ! Et ben tant mieux ! Quant à vous, il vous faudra attendre notre prochain billet pour en savoir plus à ce sujet ;)

Samuel et Olivier.