Hola !

Nous écrivons en ce moment depuis Santa Cruz de la Sierra. Nous sommes toujours en Bolivie et pourtant il semble que nous ayons changé de pays tant les paysages et les éléments se sont modifiés : nous avons troqué la pauvreté en oxygène des altiplanos andins contre l'air moite de la jungle tropical. Dépaysement garanti.

Mais revenons d'abord sur Sucre où nous vous avions laissé dernièrement :


Voici notre auberge, elle sera notre quartier général pendant les trois jours de carnaval. Comme vous pouvez le constater, Jacques et Marie Paule nous y ont suivis. Nous retrouvons également Régis et Virginie avec qui nous avions visité les ruines de Potosi ainsi que les 6tzen, cette joyeuse famille qui parcoure l'amérique en vélo et en kombi avec ses 4 enfants.

En attendant le carnaval, nous partons pour une excursion de 2 à 3 jours dans les petits villages alentours. On se renseigne à l'office de Tourisme de Sucre qui nous conseille de prendre un guide. Mais nous, on préfère l'aventure !

Nous récoltons donc les informations nécessaires pour rejoindre le point de départ de notre excursion et décidons que nous nous orienterons avec l'aide des locaux. Au petit matin, nous grimpons à l'arrière d'un camion. Ça parle Queshua et quelques moutons partagent notre compagnie. Au moment de partir, des bombes à eau volent au dessus de nos têtes, le carnaval est proche.


Nous progressons lentement mais nous arrivons finalement à Chaunaca. C'est ici que commencera notre expédition.

Nous suivons les flèches en direction du centre d'information et découvrons une petite école.


C'est la récréation.

Un enfant joue au ballon, Régis lui fait signe de lui faire une passe et alors tout s'enchaine : rapidement, des équipes se forment. Olivier et Régis se retrouvent seuls contre une armée de bambins qui cavalent à la poursuite de la balle avec autant d'aisance que si nous étions au niveau de la mer. Nous sommes pourtant à 3000m d'altitude et le souffle se fait court pour nos deux compatriotes. Toutefois, Oliv et Régis tiennent le coup et réussissent à maintenir un score de parité. Et puis tout à coup, les enfants s'arrêtent de jouer et courent vers leur salle de classe. La récrée est terminée.


Nous sortons de Chaunaca et prenons la direction de Maragua où nous passerons la nuit. Au loin, nous apercevons deux silhouettes qui traversent la rivière. Nous comprenons qu'il s'agit là de notre route et décidons par sécurité de traverser au même endroit.



Nous marchons une bonne partie de l'après midi. Sac-à-puces, un chien croisé à Chaunaca s'est pris d'affection pour notre petit groupe et nous suit sans dire mot. En arrivant à Maragua, la lumière commence déjà à s'affaiblir.


Nous sommes au centre d'un cratère, la vue est magnifique. Nous avançons dans le village pour trouver un endroit où dormir. A l'entrée du village, nous rencontrons deux enfants et essayons de communiquer mais l'échange est difficile : il est étrange de se dire que sur ces terres, nous parlons plus espagnol que la plupart des personnes que nous rencontrons.

Un peu plus loin, nous rencontrons un homme qui accepte gentiment que nous plantions nos toiles de tente sur ces terres.

Persuadés que nous trouverions quelques ressources sur place pour manger, nous sommes partis légers. Ah oui mais non, ça aurait été beaucoup trop facile. Les denrées se font rares, il va nous falloir improviser...

Nous frappons à la porte d'une chaumière et une petite mère nous vend deux petites bouteilles d'eau minérale. Malheureusement, ce n'est guère suffisamment pour tenir la journée du lendemain et faire cuire le paquet de riz que nous avions néanmoins emporté en cas de coup dur.

Mais, peu à peu, les choses s'arrangent : nous trouvons de la bière et une petite fille du village, qui nous observe étrangement depuis le début, nous invite à entrer chez elle pour remplir notre casserole d'eau. Quant à Virginie, en fine végétarienne, elle se trimbale toujours avec quelques herbes (pour la potion magique !) : le riz en devient exquis et la bière réchauffe les cœurs.


Nous bavardons jusqu'à ce que la nuit nous ait complètement enlacée puis allons nous coucher. Demain, nous partirons tôt.

7h30, les bagages sont pliés malgré les toiles encore mouillés par la pluie matinale. Pourtant le soleil fait son apparition et balaie les nuages. Il est temps de partir : la route est longue et nous souhaiterions intercepter un camion en arrivant à Potolo en fin d'après midi pour nous ramener sur Sucre en soirée. 3h de route pour 60km si tout va bien, mieux vaut donc ne pas arriver trop tard. La veille, nous avions également croisé un petit groupe en excursion avec un guide. Nous souhaitons prendre les devants pour pouvoir éventuellement bénéficier de leur aide un peu plus tard.


Sac à puces aussi est réveillé et avec toujours autant de calme nous emboite le pas.

En attendant, nous demandons notre route à un jeune du coin. Celui-ci rentre chez lui et nous propose de le suivre, c'est notre direction. Nous grimpons les pentes du cratère et lorsque nous atteignons quelques maisons, celui-ci s'arrête et nous indique la route à suivre pour nous rendre à Nina Mayu, prochain petit village où une surprise de taille nous attend.


Nous continuons donc seuls la route, nous autorisant de temps à autres quelques pauses pour observer la beauté du paysage.




Et puis nous arrivons enfin à Nina Mayu où après avoir discuté avec le petit groupe en excursion et quelques locaux, à qui il nous fallut par ailleurs chanter la marseillaise, nous trouvons, figés dans la lave, des traces de dinosaures !



A côté de ces traces, nous rencontrons une jeune fille qui garde des chèvres et manie la fronde avec une dextérité impressionnante.


Régis se prend au jeu et s'essaye au maniement de l'objet.


Enfin, nous arrivons à Potolo. Il y a des kiosques partout ! Ayant très peu mangé durant ces deux jours, nous nous ravitaillons et discutons avec la maitresse d'école du village. Elle aussi doit se rendre sur Sucre. A priori, il se pourrait fortement que des camions fassent route pour la ville en cette fin d'après midi. Il faut attendre.


Virginie en profite pour échanger et jouer avec les enfants du village. Malheureusement la nuit tombe et la rue reste déserte. Il nous faudra dormir sur place et prendre un transport le lendemain matin.


Le lendemain matin, nous nous asseyons sur la place, en face du poste de police et attendons qu'un camion ou un bus passe. Nous sommes surveillés par le chien de garde du chérif.


Et puis, peu à peu, le village s'anime et enfin nous trouverons un moyen de transport pour nous rapatrier sur Sucre.

En rentrant, sur Sucre, c'est le carnaval. La foule et les musiciens envahissent les rues.



On s'amuse...


On danse...


...et on asperge ses voisins d'eau.



L'atmosphère est bon enfant mais dégénère parfois : les musiciens virent au rouge en soufflant dans leur cuivre bouché par les bombes à eau et des spectateurs inoffensifs se protège la tête...quelques petits malins ont oubliés les limites du jeu.

Nous restons sur Sucre pendant tout le carnaval. Le dernier jour, la fête atteint son paroxysme, l'auberge organise un asado et nous y sommes tous invités. Nous bavardons, écoutons de la musique et buvons de l'alcool local !

Le lendemain, comme si rien ne s'était passé, la ville a retrouvé un calme presque étonnant : le diable est enterré, le carnaval est fini. Nous décidons de partir avec Régis et Virginie à Samaipata, tout près de Santa Cruz. Jacques et Marie-Paule, quant à eux ont enfin trouvé une solution pour ressouder leur galerie fissurée depuis quelques temps. Nous les saluons à nouveau chaleureusement. Cette fois, il semble que ce soit l'ultime salut en terre latine : le Berliland prend à présent la direction du Paraguay pour ensuite rallier l'Argentine. Il nous faudra maintenant attendre de retrouver le sol français pour trinquer à nouveau à la santé du land et de ses occupants.


Nous prenons le bus. Celui-ci est équipé d'une télévision dernier cri, par un effort de concentration démesuré nous tentons de suivre le programme proposé.

Nous arrivons à Samaipata et découvrons une boulangerie française sur la place ! Les pains au chocolat y sont exquis ! Pendant 3 jours, nous dévalisons la boulangerie à chacune de ses ouverture.


Et puis, nous partons en excursion dans la jungle avec Carmelo, un guide au contact simple et à la connaissance incroyable des plantes et des animaux. Il fut la 3ème personne à avoir traversé entièrement le parc Amboro : 20 jours de pleine jungle, tropicale et subtropicale.




Il nous montre les plantes et nous explique leurs vertus : "Celle-ci peut servir, en infusion, pour lutter contre les problèmes digestifs mais attention, pas plus de 3 minutes ! Cette autre, sert de répulsif contre les moustiques. Tenez regardez celle là, lorsque l'on touche ses feuilles, celles-ci se ferment immédiatement, c'est un mécanisme de défense contre les insectes!"




Y de repente, malgré l'extraordinaire compétence de notre guide, nous sommes perdus. Oliv aperçoit une liane et se souvenant du savoir faire de Tarzan, commence à grimper vers les cimes. Une fois atteint le sommet, Carmelo déclare qu'il a retrouvé le chemin, quel farceur !


En fin de journée, nous nous élevons et obtenons une vue d'ensemble sur la vallée. Dans ce bosquet subtropical, la journée fut épuisante, nous rentrons lessivés à notre auberge.

Le lendemain, nous partons à nouveau en excursion avec Carmelo mais dans une autre partie du parc : ce coup-ci, nous évoluerons dans une portion de jungle tropicale. Bien que quelque peu moins touffue que la veille, l'air y est chaud et plus humide, la respiration plus compliquée.



Cette fois, nous commençons par nous élever avant de plonger dans la selva.


Nous observons le trajet que nous nous apprêtons à parcourir...


...et nous imprégnons de ces espaces vierges avant d'y plonger pour de bon.


Et puis, nous commençons à descendre et à pénétrer dans cet espace sauvage. Les espèces vivantes y sont plus présentes que la veille, les fruits également. Régulièrement Carmelo s'arrête pour nous faire remarquer des empruntes d'animaux fraiches, nous décrire certaines plantes où nous faire goûter toutes sortes d'espèces végétales.


Nous atteignons cette petite cascade et décidons de nous y arrêter pour manger. Nous avons acheté de la baguette fraiche à la boulangerie française avant de partir ! L'eau de la cascade est claire, nous pouvons la boire.


A nouveau, nous trouvons quelques lianes, Carmelo m'invite à y grimper. A mon tour, je me prends au jeu...






Enfin, nous sortons de la jungle et abordons les canyons. Nous traversons quelques courts d'eau.


Une emprunte de puma et à sa droite une emprunte non identifiée...


Nous trouvons un petit bassin et nous y arrêtons pour nous rafraichir.


Nous nous remettons en marche et après quelqes dizaines de minutes atteignons une petite communauté. Nous sommes sortis du parc.


Dernière image du parc avant de rentrer sur Samaipata.

Nous dormons à Samaipata et au petit matin, après s'être enfilés notre ration quotidienne de pains au chocolat et croissants aux amendes, filons sur Santa Cruz !


Santa Cruz, à la recherche d'un logement...

A bientôt, que disfruten !

Samuel et Olivier.