« Hola, buen dia señor !
- Buen dia joven, como esta ? De donde viene ?
- ¡ De francia ! Pero que esta haciendo ?
- Estoy preparando mis redes para pescar truchas.
- Ah ya ! ¿ Pero cuanto tiempo va a demorar ?
- …»


Hmm, étrange changement de comportement, nous sommes toujours en Bolivie et pourtant les langues apparaissent ici plus curieuses, plus déliées : Serait ce là une conséquence de la proximité avec le Pérou ? ou bien l’atmosphère paisible du lac Titicaca diffuserait - elle jusque dans l’esprit de ces habitants ? Hmm, peut être un peu des deux...

Quoiqu’il en soit cet endroit nous plaît bien ! Nous y passerons quelques jours pour récupérer de nos toutes dernières émotions et avant de plonger au Pérou pour une course effrénée contre le temps et l’espace : dans moins d’un mois déjà, nous serons de retour sur le vieux continent ! Nous allons effectivement tâcher d’attraper, d'ici quelques semaines, un avion en partance de Lima pour nous rendre directement à San Francisco, d’où nous attend notre avion de retour pour la France…. Nous n’aurons ainsi finalement pas le temps de passer par le Mexique et encore moins de rouler sur la route 66 et les traces de Jack Kerouac aux Etats-Unis... mais à n'en pas douter, nous aurons régulièrement cheminé aux côté de son fantôme. Notre choix aura été le suivant : nous avons choisi de consacrer le temps nécessaire aux lieux et aux personnes que nous avons pu rencontrer. Cela nous aura obligé à quelques sacrifices.

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Mais revenons maintenant là où nous nous étions précédemment arrêtés : Santa Cruz de la Sierra ! Il s’agit là d’une ville dynamique économiquement certes mais culturellement peu séduisante. Nous décidons de ne pas nous y attarder et ainsi de partir rapidement avec Régis et Virginie passer quelques jours dans les missions jésuites, à Concepcion d'abord puis à San Javier ensuite.


A nouveau, nous prenons le bus et espérons enfin pouvoir faire notre premier voyage en Bolivie sans panne… hé bien, ce ne sera pas pour cette fois… la roue avant droite s’amuse tout à coup à se frotter à la carlingue, il nous faut nous arrêter dans un garage pour réparer ça : un bout de sangle à bagage et c’est reparti. Nous arrivons à Concepcion de nuit.



Les jésuites ne sont plus présents dans les missions, ils furent expulsés en 1767 pour « entrave politique et idéologique » à la « mise à sac du pays ». Pour avoir rencontré un franciscain vivant à Concepcion, il semblerait que ceux-ci soient néanmoins revenus plusieurs fois par la suite. Leur emprunte, au moins en termes d’architecture reste quoiqu’il en soit bien présente. La ville et sa place centrale sont extrêmement agréables, il y fait bon flâner.





Et si on mangeait une pomme ce midi ?


Eglise de San Javier

Puis nous revenons sur Santa Cruz et après un dernier apéro (et une dernière glace !), c’est l’heure de la séparation avec Régis et Virginie : tout deux partent pour Cochabamba à la première heure le lendemain matin. Quant à nous, nous partons le lendemain soir pour La Paz où nous aimerions trouver un guide pour partir à l’assaut du Huayna Potosi ! 6088m... Quelques jours d’acclimatation ne seront pas de trop…




La Paz !

Lorsque nous arrivons à La Paz, le temps est maussade : ciel gris, averses régulières et l’air est mordant, nous avons retrouvé les altiplanos ! Pendant près de 3 jours, nous déambulons dans les petites ruelles de La Paz, nous arrêtant régulièrement pour reprendre notre souffle. Nous sommes inquiets : si la fatigue se fait sentir à 3600m, comment ferons nous à 6000 m ? Peu importe, nous chassons cette inquiétude de notre esprit en achetant toutes sortes de bricoles : La Paz regorge d'artisanats ! Et puis, nous écumons les agences de trek : malgré nos capacités hors du commun et notre formation accélérée en baroudage option "sans guide", nous décidons de nous munir d'un guide chevronné... non pas que nous ayons réellement besoin de ses services mais plutôt par volonté de faire fonctionner l'économie locale ! (hum) Finalement nous signons avec Miguel, le guide de notre auberge : nous verrons bien s'il peut suivre la cadence hé hé !


Nous partons avec Jason (Canadien) et Jérôme (Suisse). Nous aurons un guide pour deux. Le premier jour, nous gagnons le premier refuge (4700m) et pratiquons une petite heure avec l'ensemble de l'équipement sur le glacier adjacent au refuge. Cette première journée est paisible et peu éprouvante. Nous sommes seuls au refuge. En attendant le souper, nous jouons aux cartes.

En soirée, Miguel redescend sur La Paz, il reviendra le lendemain matin au levé du jour avec un deuxième guide. Les choses sérieuses pourront alors vraiment commencer.

Oui, mais voilà, le lendemain matin au réveil, rien ne va plus ! D'abord, pas facile d'établir l'heure du réveil en ce qui me concerne puisque j'ai passé la nuit à mi-temp au refuge, dans mon duvet et à mi-temp dans la merveilleuse cabane en briques rouges à l'extérieure du refuge : le baño... Ensuite, lors d'une ultime remontée vers mon duvet et alors que le jour s'est déjà levé, j'apprends que Miguel, notre guide, essuie quelques déconvenues : "Allez dormir joven, la voiture s'est plantée dans le rio, faut allez chercher un tracteur pour la sortir. Vous ne partirez pas tout de suite, reposez vous !" Epuisé, par toute une nuit de labeur, je ne demande pas mon reste et retourne me coucher...

Finalement, nous apprenons plus tard dans la matinée, qu'aucun passage en voiture n'est possible. Mais notre guide a de la ressource et Miguel nous rejoint en fin de matinée, à pied... Nous partirons en début d'après midi. Heureusement, un autre guide est arrivée au refuge, nous serons donc bien deux par guide.


En début d'après-midi enfin, nous nous mettons en marche. La saison des pluies fait des siennes : le temps est exécrable, nous essuyons une averse de neige. Toutefois et malgré notre chargement, nous atteignons rapidement le deuxième refuge. Mon ventre me joue toujours des tours : en arrivant au second refuge, je ne peux m'empêcher de chercher frénétiquement les toilettes du regard... pfff, j'espère que ça ira mieux cette nuit.




2h du mat, il est temps de partir, on est déjà à la bourre. La nuit a été meilleure en ce qui me concerne mais j'ai des gros doutes en ma capacité actuelle d'aller jusqu'au bout. Oliv, quant à lui, en meilleur forme depuis le début du trek, à lui aussi quelque peu mal au ventre au départ... on verra bien, se dit - on alors...

Nous faisons deux équipes : Oliv part avec Jérôme, le Suisse, les deux plus en forme et rapide de la veille. Quant à moi, je pars avec Jason, le Canadien. Au moment de partir, l'un de mes crampons se casse, il nous faut bricoler un système d'attache à la Mac Gyver à l'aide d'un bout de ficelle... Toutefois, nous nous mettons enfin en marche et suivons les traces d'Olivier et de Jérôme. La première partie se passe sans trop de difficultés : le souffle est court mais nous avançons en rythme, lentement.

Et puis tout à coup, tout devient compliqué : je me sens faible, j'ai mal au ventre et me demande si je pourrai allez encore bien loin... nous marchons depuis à peine 2h, le sommet est encore à près de 4 - 5 h de marche. J'indique à notre guide que je ne pense pas pouvoir allez jusqu'en haut et que vraisemblablement je m'arrêterai au dernier refuge : le campamento argentino...

C'est à cet instant que les choses se gâtent vraiment : "Non, il n'y a plus d'autres refuges à présent", me répond - il, "Ca ne va pas ?" Argh, visiblement, j'ai mal compris. Quoiqu'il en soit, je comprends alors qu'arrêter, c'est faire abandonner tout le groupe... pas très sympa pour mon coéquipier d'ascension... Tant pis, il me faut continuer ! Nous nous remettons alors en marche et je tends ma volonté : mon corps n'existe plus, il me faut seulement avancer et puis c'est tout !

Oui mais non, ça ne va vraiment pas : quelques dizaines de minutes plus tard, je sens comme une paralysie envahir mon bras droit puis ma ma mâchoire. J'essaye alors d'avertir notre guide et m'aperçois que je n'arrive plus à parler espagnol, mon flot de paroles est difficile et mes pensées s'organisent de manière absolument chaotique. Par chance, Jason transporte avec lui quelques pilules drôlement efficaces contre le mal d'altitude : j'en prends une et nous nous remettons une fois de plus en marche. Rapidement mon état s'améliore et je me demande où peuvent bien en être rendus Jérôme et Olivier...


En réalité, à cet instant, le jour commence tout juste à se lever, Oliv et Jérôme, bien qu'ayant eux aussi essuyés des moments difficiles, atteignent les cimes.





Ils l'ont fait ! Vers 7h30, ils atteignent tous deux le sommet du Huayna Potosi culminant à 6088m ! Pendant ce temps, Jason et moi continuons notre avancée laborieuse, nous arrêtant presque tous les 3m pour reprendre notre souffle.




Le regard perdu dans les splendeurs qui s'offrent à lui, Oliv attend notre arrivée. Nous progressons petit à petit, je sens que mon corps est faible et que l'oxygène est rare mais je vais mieux. Le sommet se rapproche et je me prend à y croire : je sens que je peux aller jusqu'au bout !"

Les mètres défilent, nous passons la barre des 6000 m puis 6010, 6020 et entamons l'escalade du dernier mur, la partie la plus technique. Il nous reste 60 - 70 m tout au plus. Mais tout à coup, Jason qui avait déjà eu une alerte quelques minutes auparavant, nous avertit qu'il a très mal à la tête, il est inquiet. Notre guide stoppe définitivement notre progression : 2 alertes en peu de temps, il faut arrêter. La décision est lourde si prêt du but mais nous soulage finalement tous.


Nous redescendons de quelques mètres et rejoignons Olivier et Jérôme, eux aussi redescendus de la cime. Avant de redescendre définitivement, nous prenons quelques instants pour admirer la vue extraordinaire qui s'offre à nous, heureux d'avoir déjà pu en arriver là.

Nous regagnons La Paz dans la journée et retrouvons, à notre plus grand plaisir, Régis et Virginie. Tous deux étaient arrivés sur La Paz pendant que nous crapahutions les pentes redoutables du Huayna Potosi. Tout enjoués de retrouver nos formateurs, nous décidons d'entamer le tome 2 de la formation "voyageur sans guide" : nous partons à leur côté à Copacabana, au bord du lac Titicaca.



Copacabana

Puis nous embarquons pour l'île du soleil, où après avoir découvert un petit coin de paradis, nous décidons de prendre quelques jours de repos bien mérités...





Pendant que certains se baignent...


...Je pratique assidument quelques exercices de gym hypopressive (c'est bon comme ça Sam ?)


Nous dormons chez l'habitant, les enfants vont et viennent, nous interpellant de temps à autres




Le deuxième jour, nous partons à pied et près de 3 heures plus tard, atteignons l'autre extrémité de l'île.


Nous sommes chanceux, le temps est de la partie. Nous resterons au total près de 5 jours sur l'île.









A présent, nous partons en direction du Péru et de Puno où nous ne devrions pas trop nous attarder. Ensuite, nous prendrons la direction de Cuzco !

Bonne semaine à tous,

Samuel et Olivier.