Voilà, c'est ça, c'est ça le voyage sans guide : la volonté insatiable de vivre des moments uniques, authentiques et en accord parfait avec sa personnalité. Mais quel rapport avec l'entame de ce billet me direz vous ? Un peu de patience, vous allez comprendre...
Suite au dernier billet, nous quittions Puno pour rejoindre Arequipa. La ville est jolie et sacrément animée, surtout le soir. Nous y passons deux jours puis prenons la direction du canyon de colca. Afin d'éviter d'avoir à payer le billet touristique au prix peu accueillant, nous nous rendons à Yanque, village souvent boudé par les touristes. Les tours organisés n'y passent que rapidement et tôt le matin avant de poursuivre leur course effrennée et millimitrée vers les attractions à sensations du canyon.
Arequipa, sur la terrasse de notre auberge. Le temps est incertain.
A peine installé, Nathalio nous propose un maté de coca que nous acceptons allègrement ! Quelques minutes plus tard, celui-ci revient avec de l'eau chaude et quelques feuilles. Nous échangeons avec lui quelques temps et comprenant que nous aimons randonner, celui-ci nous encourage à aller crapahuter dans les environs : "Si ça vous dit, il y a le village de Coporaque pas très loin, c'est le plus vieux village du canyon. Sinon, il y a quelques ruines incas à 3h de marche et en redescendant, vous trouverez des bains thermaux !"
Vue sur le canyon.
Les bains thermaux.
Balade du côté de Coporaque. Nous faisons une pause auprès de bains thermaux naturels situés juste à côté d'une rivière
Du cochon d'inde !
La mère d'Hilde, une petite dame pleine d'énergie !
C'est alors que le sort chavire : au milieu de la nuit, en me saisissant de ma bouteille d'eau, je retrouve la petite pochette de mon notebook vide, sous mon siège. Mon petit ordinateur ainsi que son chargeur, ont disparu de mon sac. Damn it ! Mais comment ceci a t il pu se produire ? L'aurais - je oublié sur Arequipa ? Non, impossible, je me souviens très nettement l'avoir rangé dans mon sac avant de partir. Aurais - je laissé mon petit sac en garde à l'auberge avec mon gros sac en allant manger ? Non, je ne crois pas. Ou alors serait - ce ici, dans le bus ? Mais, il était juste sous mes pieds ?! C'est incompréhensible ! Demonios !
Que puis-je faire ? Avec Oliv, Régis et Virginie, nous essayons de nous remémorer les dernières heures écoulées et de comprendre ce qui a pu se passer... arf, les indices sont bien maigres.. Je décide toutefois d'aller faire une déclaration auprès de la police touristique afin de faire fonctionner mon assurance.
Sur la plaza de armas de Cusco
Excursion à Pisac, dans les environs de Cusco.
"Bonjour, je me suis fait voler ce matin et j'aurais besoin d'une attestation. Je n'avais pas grand chose mais bon, quand même mon ordinateur.
- Où vous êtes vous fait voler ? Qu'est ce qui s'est passé ?, répond sèchement l'agent.
- Heu, ben, j'arrivais d'Arequipa et en attendant que l'un de mes amis se renseigne sur quelques horaires de bus, on s'est installé sur les sièges de la salle d'attente. Mais, tout à coup, nous sommes encerclés, des types nous proposent des hotels dans tous les sens. Et puis, notre ami revient et nous reprenons nos sacs pour partir. A cet instant, je m'aperçois que mon petit sac à disparu.
- Hmm, très bien suivez moi."
On m'emmène dans un bureau avant de me fournir un papier et un crayon : "Ecrivez votre déposition ici et précisez ce que vous avez perdu." Bon, très bien, je raconte à nouveau mon histoire. Je précise que j'ai perdu mon ordinateur, l'objet de fond de ma déclaration et ajoute quelques détails pour pimenter le récit : mon sac contenait une bouteille d'eau et quelques petits pains achetés pour le trajet en bus ainsi qu'un maté dégoté sur un marché argentin.
L'agent revient et un interrogatoire musclé commence alors. Ouh là là, mais qu'est ce qui lui prend, c'était pas prévu tout ça ?! Hum, bon, très bien, je réponds tranquillement aux questions. L'histoire n'étant qu'en partie arrangée, je réponds sans trop de difficultés et celui-ci sort à nouveau de la pièce. Je commence néanmoins à sentir que quelque chose ne va pas.
Dans la pièce d'à côté, j'entends que l'on questionne Oliv, lui qui était quelques instants plus tôt seulement dans la salle d'attente, attendant que j'en finisse. Quelques minutes plus tard, l'agent réapparait avec un dossier vraiment épais sous le bras. En arrivant à ma hauteur, celui-ci le laisse brutalement tombé sur la table : "Tu vois, tout ça, ce sont de fausses déclarations. Dedans, il y a celles de plusieurs français. Certains sont en prison maintenant !"
Ouah, mort de rire, pfff, n'importe quoi, qu'est ce qu'il me fait là ? Il veut juste m'intimider, c'est ça ? Qu'est ce que c'est que cette rigolade ? Ok, ma déclaration elle vaut ce qu'elle vaut mais je me suis fait dérober mon notebook, sacrebleu ! me dis-je alors et de m'obstiner en répondant : "Ya ?
- Bueno", et l'interrogatoire reprend de plus bel. Régulièrement, l'agent sort de la pièce et interroge Oliv dans la pièce d'a côté.
"Bon, très bien, me dit - il au bout d'un moment, vous savez ici, au Pérou, quand quelqu'un fait une dénonciation, on enquête. Alors, on va commencer par aller à la gare, vous allez nous montrer comment tout ça s'est déroulé, où vous étiez assis, on regardera les vidéos de sécurité aussi pour voir si on peut trouver quelque chose... et puis ensuite, on ira ensemble à votre domicile..."
Il est complètement fou, pensais je alors, c'est juste une déclaration de perte, mince ! Ils ont rien d'autre à faire ? Depuis quand suis - je devenu l'ennemi numéro 1 ? Me rendant à la raison et voyant que rien de bon n'allait sortir de cette histoire, je décide de fournir la version initiale des faits et d'expliquer la raison de cet arrangement de l'histoire. Mais la fiction devient alors réalité, l'agent me sort un superbe numéro de cinéma. Ses poings frappent la table et il s'écrie, faussement énervé : " Je suis un imbécile, c'est ça ?!"
Complétement interloqué, je répond poliement : "Ai - je dit cela ?" Je lui explique à nouveau mon histoire. Sur le coup, celui-ci semble m'écouter mais lorsque je termine, il reprend d'un ton mielleux : "C'est très grave de mentir et maintenant que tu as menti une fois, je ne peux plus te croire." Il sort alors de la pièce et revient avec trois autres collègues. Certains me regardent avec un sourire en coin. Hmm, leur numéro doit être bien rôdé. L'agent reprend : "Ecoutez, ce touriste a fait une fausse déclaration. Qu'est - ce que je fais, je le dénonce ?" et il me jette un regard.
L'un deux demande : "Il est de quelle nacionalité ?
- français
- Ah ! Ouais, y a qu'à le faire", répond celui-ci, toujours aussi amusé.
Puis, sur le même ton, les deux autres collègues répètent cette même phrase et sortent de la pièce. L'agent se tourne alors à nouveau vers moi et s'exclame avec éloquence : "Ahora, estas arrestado, voy a denunciarte y, después, botarte de Perú !" Il s'arrête alors une demi seconde, puis ne lisant aucune réaction sur mon visage, ajoute vicieusement : "Hé ouais, c'est comme ça !"
Bien que passablement affecté par tout ce cinéma, je ne souhaite toutefois pas lui donner satisfaction et me contente de le fixer du regard, le visage impassible. Une fois sorti de la pièce, je l'entends s'adresser à Oliv dans la pièce d'à côté. J'imagine qu'il est en train de lui sortir le même cinéma. A cet instant, Oliv et moi, avons alors la sensation d'être devenus les représentants du grand banditisme péruvien. Déjà, nous nous imaginons passer la nuit en cellule avant de disposer seuleument de quelques heures pour filer nous planquer dans le maquis mexicain : le Chiapas. Ah, me dis je alors, moi qui m'était vu revêtir le noble titre de "commandante" pendant mon séjour au Chili, je me sens tout à coup et plus que jamais en phase avec le subcommandante Marcos, porte-parole de troupes révolutionnaires méxicaines oeuvrant dans le Chiapas.
Je n'ai toutefois pas le temps de gamberger car déjà, l'agent est de retour et me fait remplir un dossier informatique décrivant ce qui s'est passé. J'ai l'amer sensation que toutes les questions posées m'accusent... Puis arrive le juge et mon avocate. Cette dernière m'emmène dans une autre pièce afin que nous puissions discuter tranquillement. Elle s'enquérit de l'affaire et je lui explique ma version des faits, ainsi que ce qui m'a amené ici : "Très bien, me dit elle, écoutez, le plus sage serait de régler les choses à l'amiable. Si vous acceptez, demain, avec le juge et le procureur, nous convenons d'une somme de réparation. Si vous acceptez cette somme, l'affaire en reste là, à la fiscalité, pas de casier, rien, juste une amende. Qu'en pensez vous ? Combien seriez-vous prêt à payer ?"...
Pfff, je vois, tout ça n'est en fait qu'une histoire d'argent... Bon, qu'il en soit ainsi, nous discutons et nous mettons d'accord sur la stratégie de défense à adopter. Nous retournons ensuite ensemble dans la pièce où s'est déroulé tout l'interrogatoire. Le juge termine le remplissage du dossier informatique. Avant de clôturer le dossier, il s'adresse toutefois à mon avocate : "Docteur, souhaitez vous ajouter quelque chose au dossier ?
- Oui, répond - elle. Nulle part, il n'est spécifié la perte de l'ordinateur de monsieur. Pouvez - vous ajouter la question suivante : Où et quand vous êtes vous fait dérober votre ordinateur ?"
Je réponds à la question, le juge clôture le dossier et nous sortons de la pièce pour nous rendre à présent, avec notre accord, à notre auberge. Je retrouve Oliv dans le hall d'attente, les charges à son insu ont été abandonnée : d'accusé, sa condition a finalement été revue à celle de témoin, j'en suis soulagé. Toutefois, son index droit est aussi noir que le mien : lui aussi portera la marque du grand banditisme pendant quelques jours.
Le lendemain, nous avons rendez vous à 10h au bureau de monsieur le juge. Après un peu d'attente, le procureur fait son entrée : la discussion peut commencer. J'explique à nouveau la situation le pourquoi de ma déclaration puis le juge prend la parole : "Bon, il y a une semaine et demi, nous avons eu à faire à un cas similaire avec un touriste japonais, nous avons établi d'une peine de 400 dollars."
Gloup, heu, là ça fait un peu beaucoup les enfants non ? Mon avocate prend la parole et entame la défense faisant jouer le fait que je suis actuellement sans emploi et que, bon, pour pouvoir voyager aussi longtemp, j'ai notamment pris part à des activités associatives... Le procureur prend alors à son tour la parole et déclare, quant à lui, que l'amende se doit d'être exemplaire : "Que des touristes profitent de cette ville, haut lieu du tourisme, pour faire des déclarations mensongères est inacceptable. Cela contribue à ternir l'image de la ville !"
Voilà ! Tout s'explique enfin clairement. Il est là le coeur du problème : les statistiques ! Cusco vit sur le tourisme, tout est payant (même les églises !). Vous comprenez, ça rapporte le tourisme ! Alors avoir l'une des statistiques de vol et d'agressions les plus élevées du pays, c'est embêtant...
Toutefois, c'est cette fois-ci, le juge qui prend ma défense : "Oui mais, voyez vous docteur, en réalité, il ne s'agit là que d'une déclaration partiellement fausse, monsieur s'est fait voler son ordinateur après tout..." Bref, nous discutons, nous discutons et finalement mon amende est revue à la baisse... 150 dollars... Ouh, eh ben ça c'est de la chance ! Si je ne m'étais pas fait dérober mon notebook, j'aurais payer au moins 400 dollars d'amende ! heu, attendez, à non c'est ptet pas comme ça...
Quoiqu'il en soit, le dossier est mainteant clos et je suis officiellement devenu un dangereu voyou !
Ça fait peur hein ? ;)
Bonne semaine à tous,
Samuel et Olivier.
C'est vraiment n'importe quoi!! Surtout que tu te l'ai vraiment fait volé ton netbook. Bon certe pas dans les circonstances que tu as relaté la première fois, mais tu te l'ai fait toper quand même!! Enfin bon!! Sinon vous prenez toujours votre avion au départ des Etats-unis le 1 avril?
Bon rando les gars et à bientôt maintenant!!
Gregouille
Commentaire posté par Gregouille le 23/03/2010 à 21:54
Salut Greg,
En effet la police péruvienne n´est pas très commode, on a encore vu hier 2 flics donner des coups de matraque à un mec car il était saoul. Et puis il faut bien qu´ils trouvent un moyen de faire baisser les statistiques de vol du pays.
Sinon on ne prend pas notre avion le 1er avril mais le 31 mars et on arrive sur Paris le 1er à 11h. On prend donc ce soir la direction de Lima pour prendre un vol Lima - SF.
Chao
Commentaire posté par oliv le 27/03/2010 à 16:20
ouaaaaaah, n importe quoi cthistoire, dans les annales, ca me rappelle un gag de belge a la coluche, franchement , vive le tourisme!!! pour compartir faudra qjvous raconte comment ma moman s est fait arracher son sac avec ses sousous a valparaiso alors que tous le monde toute la journee, sans cesse, n arretait pas de nous dire de faire attention a nos affaires, mais la encore pas aussi grand spectacle que votre belle epopee! jvous embrasse
aurelie
Commentaire posté par aurel le 31/03/2010 à 02:26